FLASH- IMPÔTS

 
Numéro 35– mars 2009
 

GRAND-MESSE INTER-DIRECTIONNELLE
POUR NOUS EXPLIQUER LA RÉFORME.


On n’y allait pas de gaieté de cœur et chacun se renfrognait à l’idée qu’il allait perdre une demi-journée de son temps de travail pourtant précieux. Les explications sur la réforme, personne ne les attend plus tant les objectifs sont désormais clairs : « faire toujours plus, avec toujours moins de moyens », pour satisfaire au seul dogme qui prévale dans la mise en œuvre des réformes : « moins d’impôts, moins d’état, moins de fonctionnaires ».

C’était sans compter, sur les talents d’animateurs de nos deux préposés à la communication DGFIP : Notre TPG et notre DSF chargés d’organiser cette demi-journée d’information en introduisant le propos liminaire de notre Ministre tout d’abord, et de notre DG ensuite.

Eh oui ! Non contents d’être contraints d’accepter une invitation obligatoire, nous allions devoir « subir » le visionnage de deux séquences filmées mettant en scène (et de quelle manière ! ! !), Monsieur Woerth et Monsieur PARINI s’adressant personnellement à chacun des membres de l’assemblée.
QUEL CINÉMA !
Le film s’avérait engageant : Imaginez plutôt ! Monsieur Woerth au premier plan, légèrement décalé sur la droite, pour mieux laisser apparaître le magnifique paysage figé d’arrière plan : la proue du navire « Bercy ».

Pour la prestation de notre Directeur Général, Monsieur PARINI, le même metteur en scène avait du être requis, la posture de notre DG étant identique à celle de notre Ministre : un léger décalage sur la droite du plus bel effet. Malheureusement, la production  a du manquer d’argent pour boucler le tournage (crise oblige !!!) le beau fond d’écran accordé au Ministre ayant disparu au profit d’un fond bleu un peu criard seyant mal au teint de notre DG.

Si la consternation ne nous avait saisi, c’est à de francs moments d’hilarité que nous nous serions volontiers prêtés. Monsieur PARINI a commencé par justifier son intervention auprès des agents par une formule idoine : « parce que c’est le moment ! », et de nous expliquer en 4 points comment la fusion allait être l’occasion de « formidables opportunités » pour les agents des deux réseaux et comment nous serions les « grands gagnants » de cette démarche. Que grâce à la fusion ceci, grâce à la fusion cela… ! Que nos missions étaient confortées, que nous allions élargir notre champ de compétence… et que tous ces changements, répondant à une exigence de meilleur service à l’usager, allaient être une « vraie chance pour nous » !!!
RIEN SUR L’ESSENTIEL !
Soyons sérieux deux minutes et revenons sur la réalité de la mise en œuvre de la réforme…
Quels sont les points qui pêchent dans ce discours lénifiant (repris d’ailleurs de fidèle manière par nos deux animateurs) :
En premier lieu, pas un mot des suppressions de postes qu’enregistrent massivement nos deux réseaux. Entre 2000 et 2009, plus de 15 000 postes ont été supprimés aux impôts et aux trésor.

Pas un mot non plus, sur la légitime reconnaissance financière que la cheville ouvrière de la DGFIP est en droit d’attendre compte tenu de l’accroissement constant de sa responsabilité, de sa technicité et de sa compétence depuis de nombreuses années.
La revalorisation indiciaire réclamée de longue date ne fait pas partie du vocabulaire de Monsieur PARINI (crise oblige, sans doute, on en reparlera !!!).
On a entendu néanmoins que « l’accumulation des réformes pouvait lasser un peu », doux euphémisme !!!

En revanche, la prime de fusion a largement été évoquée.
La genèse de cette prime de fusion mérite sans doute que l’on rappelle, qu’elle était initialement prévue pour être versée une seule fois, pour solde de tout compte.

Les interventions syndicales de l’Union SNUI/Sud Trésor en particulier ont permis qu’elle soit pérennisée par une intégration dans l’IMT (cela ce n’est pas à la générosité de la DGFIP que nous le devons, mais à la seule mobilisation des agents)
 
Quant à l’harmonisation indemnitaire, enfin, elle a très subrepticement été évoquée, et en tout cas, pas sous l’angle de vue des agents ; elle est, en effet, source d’un fort sentiment d’injustice pour tous ceux qui se voient exclus du dispositif, et la réalité des chiffres a de quoi laisser pantois: quelques euros par mois, pour les agents C de l’ex-DGCP, et comme il ne faudrait pas s’habituer trop vite à la richesse, c’est sur trois ans que cette harmonisation sera opérée.

Rien bien sûr, pour les agents A, B, C de l’ex-DGI (On en conclut donc qu’ils sont trop bien payés !!!).


QUEL COÛT POUR CETTE OPERATION DE PROPAGANDE ?
La présentation d’un diaporama par nos Directeurs n’a manifestement pas convaincu l’assistance (certains n’ont pas hésité à franchement s’assoupir).

Aborder l’ensemble des missions de nos deux réseaux sous un angle purement quantitatif (nombre d’articles, rendement financier…) n’est certes pas de nature à stimuler l’attention.

Au terme de deux heures de contraintes, les agents assommés par un discours lénifiant, en sont restés muets pour l’épreuve des questions/réponses. Le Directeur en concluant qu’ils avaient sans doute tout compris ! ! !



Là encore, un peu de sérieux : on peut légitimement s’interroger sur la propension dispendieuse de notre administration dans ses opérations d’auto-promo :

Ce sont en effet près de 130 000 agents qui sont conviés à ces réunions d’information.



L’INADMISSIBLE POLITIQUE SALARIALE DE LA DGFIP

C’est le 21 février 2008 qu’Eric Woerth finissait par lâcher 350 € d’IMT en plus pour tous les agents, un plan de promotions effectivement mieux bâti que d’habitude et quelques autres mesures dont la revalorisation du 12ème échelon du grade d’inspecteur.
« INSUFFISANT ! » avions-nous aussitôt répliqué et, depuis, il ne s’est guère passé de réunion sans que cette insuffisance ne soit rappelée au ministre comme aux responsables de la DGFiP.

• L’augmentation de l’IMT ne correspond pas au niveau des contraintes induites par les diverses réformes et par les suppressions d’emplois. Par ailleurs, la mesure de février 2008 n’a pas suffisamment pris en compte l’attente d’intégration des primes dans le calcul des pensions • Dans chaque filière (ex-DGI ou ex-DGCP), l’harmonisation indemnitaire donne des sentiments croisés d’insatisfaction ; les non bénéficiaires (agents d’un côté, cadres de l’autre) se sentant encore plus exclus de mesures significatives de reconnaissance.

PETIT RAPPEL ! ! !

L’assemblée Générale annuelle du SNUI se déroulera le jeudi 2 avril 2009 à 8H 45 l’Hôtel de Ville de Charleville Mézières.
Venez nombreux, c’est gratuit. Et en plus, vous n’aurez pas à subir de film publicitaire.