Des fonctionnaires, enseignants en tête, fortement mobilisés

 

LEMONDE.FR | 20.01.05 | 17h48    MIS A JOUR LE 20.01.05 | 18h51

 

Les dizaines de cortèges ont drainé des foules importantes, à l'appel des fédérations CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, CFTC des fonctionnaires et de l'intersyndicale de l'éducation nationale.
Les fonctionnaires ont massivement répondu à l'appel à la mobilisation lancé par les syndicats pour les salaires et l'emploi, avec plus de 40 % de grévistes dans l'éducation nationale et des cortèges forts de dizaines de milliers de manifestants.

"Il est démontré que l'on a franchi un cap dans la mobilisation des salariés", a commenté le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, présent à la manifestation parisienne.

"Le gouvernement aurait tort d'évacuer la réalité de cette mobilisation", alors que, "plus largement, l'opinion publique" s'irrite du "refus de tenir compte de la situation sociale".

 

Dans l'éducation nationale, plus de 40 % des enseignants étaient en grève, dont 43,33 % dans le primaire, 49,99 % dans les collèges, 43,72 % dans les lycées et 40,32 % dans les lycées professionnels, selon des données du ministère.

Ces chiffres traduisent une mobilisation similaire à celle du printemps 2003, au plus fort du mouvement social contre les restrictions budgétaires et la réforme des retraites.

A la mi-journée, le taux de grévistes dans la fonction publique de l'Etat, hors éducation, était de 20,25 %, selon le ministère de la fonction publique. Le syndicat SNUI a fait état auprès de l'AFP de 45 % de grévistes au ministère des finances, dont 60 % aux impôts.

DÉFENSE DU POUVOIR D'ACHAT

Les dizaines de cortèges ont parallèlement drainé des foules importantes, à l'appel des fédérations CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, CFTC des fonctionnaires et de l'intersyndicale de l'éducation nationale.

A Paris, les dirigeants syndicaux ont estimé à "plusieurs dizaines de milliers" le nombre des participants à la manifestation, partie de la place de la République à 14 h 30 en direction de Saint-Augustin.

A Marseille, deux cortèges distincts ont regroupé entre 10 000 (police) et 30 000 (syndicats) personnes, et à Rennes, 7 000 manifestants selon la police, et 10 000 selon la CGT, ont défilé dans les rues.

A Lyon, la police a comptabilisé 4 000 manifestants, les organisateurs 5 500, tandis qu'à Clermont-Ferrand entre 5 000 et 8 000 personnes ont défilé.

Dans les autres villes, police et syndicats ont respectivement recensé plusieurs milliers de manifestations, comme à Caen (de 3 500 à 6 000), Lorient (2 500 à 6 000), Limoges (2 500 à 6 000), Nice (2 à 3 000)...

Dans les cortèges, les enseignants, en grand nombre, côtoyaient employés communaux, postiers, agents des impôts, des services pénitentiaires, policiers, agents de l'équipement, ou encore pompiers.

La défense du pouvoir d'achat est apparue comme la principale revendication des manifestants, qui dénonçaient également, avec leurs banderoles et leurs slogans, les réductions d'effectifs et les risques de détérioration des missions de service public.

Dans l'éducation nationale, c'est aussi la loi d'orientation sur l'école du ministre François Fillon et la suppression de postes d'enseignants qui ont fait descendre les personnels dans la rue.

"Oui au dialogue, oui à l'expression sociale de la revendication, à ces messages qui viennent de la manifestation et qui sont toujours à écouter", a commenté le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, jeudi en fin de matinée, dans son allocution lors de la remise des Trophées EDC "Ethique et Gouvernance".

"Mais non au blocage, non au refus de se parler. Le dialogue doit toujours rester ouvert et ceux qui, à un moment ou à un autre, prennent la responsabilité de la rupture du dialogue doivent s'attendre à trouver en face d'eux naturellement la fermeté nécessaire", a prévenu le premier ministre.