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La déclaration
préremplie pour tous en 2006
IMPÔTS Les
contribuables recevront les déclarations de revenus préremplies par
l'administration en mai, et non plus en mars comme actuellement.
Anne Rovan
[08 décembre 2005]
LE GRAND SAUT. Jean-François Copé a annoncé hier la
généralisation en 2006 de la déclaration de revenus préremplie (DPR),
comme l'avait récemment laissé entendre Le Figaro (nos éditions du
17 novembre). «C'est un élément considérable de modernisation de l'Etat»,
a déclaré le ministre délégué au Budget, aussi en charge la réforme
de l'Etat.
Fort du «triomphe» de l'expérimentation conduite cette année en
Ille-et-Vilaine (nos éditions du 17 novembre), il voit dans ce
projet beaucoup de promesses : à moyen terme, des gains de
productivité dans les centres des impôts qu'il serait toutefois
«prématuré» de chiffrer, un enrichissement du travail des agents –
qui consacreront moins de temps à la saisie des déclarations – et
surtout une «simplification maximale» pour les contribuables
modestes ou fâchés avec les chiffres. A commencer par ces personnes
âgées qui demandent chaque année aux agents de les aider à remplir
leur déclaration.
A partir de l'an prochain, les 34 millions de contribuables
recevront une déclaration sur laquelle figureront les montant des
salaires, pensions, indemnités journalières de maladie et/ou
allocations chômage qu'ils ont perçus l'année précédente. Autant
d'informations dont l'administration fiscale dispose depuis belle
lurette, mais qu'elle ne dévoilait qu'en cas de contentieux. Bercy
entend donc passer d'une relation teintée de suspicion à des
rapports plus transparents avec les contribuables. Mais comme il
faut un peu de temps pour récupérer les informations auprès des
tiers déclarants (employeurs, Assedic, etc.), les déclarations
seront envoyées en mai, et non plus en mars comme actuellement.
Quant aux avis d'imposition, une grosse moitié sera adressée en
septembre, le reste en octobre.
Pleinement responsables
Si le contribuable est d'accord avec les montants inscrits, il
n'aura qu'à signer la déclaration et la renvoyer. Sinon, à lui de
les corriger. Bien sûr, cela ne le dispensera pas de déclarer ses
éventuels revenus mobiliers et immobiliers. Car, insiste Bercy, «le
contribuable reste pleinement responsable de sa déclaration de
revenus». Les petits malins qui envisagent déjà de profiter de la
DPR pour gruger le fisc devraient donc y réfléchir à deux fois.
Quant à ceux qui télédéclarent leurs revenus, ils sont aussi
concernés par ce nouveau dispositif. Lors de leur connexion sur le
site des impôts, ils trouveront une déclaration préremplie. La DPR
pourrait ainsi réduire la durée de connexions des télédéclarants.
Hier, le Syndicat national unifié des
Impôts (Snui) s'est montré quelque peu inquiet de
l'impact social d'une telle décision. Après la réforme de la
redevance audiovisuelle, la relance amiable et la montée en
puissance de l'interlocuteur unique, mais aussi avant la réforme
fiscale de 2007, la DPR préfigure quelques grincements de dents. Le
Snui insiste aussi sur le risque d'erreurs. «Les conditions
d'expérimentations locales ne sont pas forcément celles d'une
généralisation nationale», expliquait Vincent Drezet. De son côté,
la CGT, deuxième syndicat du secteur, s'est dit hier «opposé» à
cette généralisation. Le sujet sera la semaine prochaine au menu
d'une rencontre avec Thierry Breton.
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