31-08-2005 16:15:04
Pays : FRA
FRS0628 40606 /AFP-IH00
PARIS, 31
août 2005 (AFP) - Le Premier ministre devrait annoncer jeudi
une réforme en profondeur de l'impôt sur le revenu visant à
le rendre plus "juste et plus lisible", qui ne devrait
cependant se concrétiser qu'à moyen terme.
"C'est vrai
qu'on a un impôt compliqué, c'est vrai qu'on a un impôt qui
n'est pas assez lisible, c'est vrai qu'on a un impôt qui
n'est pas toujours considéré comme étant juste. Il faut le
simplifier, le rendre plus juste, le rendre plus lisible", a
déclaré mercredi le ministre de l'Économie et des Finances,
Thierry Breton, indiquant avoir "beaucoup travaillé avec le
Premier ministre sur le sujet".
Selon des
informations parues dans les Échos mercredi et dans le Monde
daté de jeudi, les sept tranches actuelles d'imposition
seraient ramenées à trois ou quatre.
En outre, des
niches fiscales seraient supprimées ou plafonnées, les
abattements forfaitaires dont bénéficient certaines
professions seraient incorporés dans le taux, et enfin le
taux marginal d'imposition des tranches supérieures serait
abaissé. Il est actuellement de 48,09% du revenu imposable
dans la dernière tranche, soit au-dessus de 48.747 euros.
Une réforme
en profondeur, donc, largement inspirée d'un rapport remis
au Premier ministre en juillet par le Conseil d'analyse
économique (CAE), non encore rendu public.
Ce rapport
est cosigné par les universitaires Christian Saint-Etienne
et Jacques Le Cacheux, qui prônent aussi la suppression de
l'impôt de solidarité sur la fortune, une baisse de l'impôt
sur les sociétés ainsi qu'une hausse de la CSG, pour faire
face à la concurrence fiscale en Europe et renouer avec la
croissance.
Le projet de
réforme de l'impôt sur le revenu ne devrait en tout cas pas
voir le jour dans le cadre du budget 2006, actuellement en
préparation.
Pour Les
Echos, il se situe plutôt dans une optique de moyen terme,
ce qui "permettrait à Dominique de Villepin de se projeter
au-delà de la présidentielle". Surtout, c'est une réforme
"très compliquée à mettre en oeuvre", a souligné Thierry
Breton.
Laissant au
Premier ministre la primeur des annonces, Thierry Breton a
toutefois confirmé que la réduction du nombre de tranches
est "une piste de bon sens, dans la mesure où elle peut
bénéficier à ceux qui sont les plus fragiles".
Une
préoccupation partagée par le député (UMP) Hervé Mariton,
pour qui "une simplification de l'impôt sur le revenu est
une bonne chose en soi, mais n'a de sens que si elle
s'inscrit dans une logique de baisse" de l'impôt, "en
particulier pour les salariés aux revenus moyens".
Les pistes
évoquées suscitent par ailleurs des critiques de la part du
Syndicat national unifié des impôts
(SNUI), affilié à la FDSU et majoritaire à la
Direction générale des impôts.
Pour son
secrétaire national Vincent Drezet, la réduction du nombre
de tranches "affaiblit la progressivité de l'impôt, qui est
un principe constitutionnel, et crée donc plus d'injustice
fiscale".
Par ailleurs,
avec une telle stratégie, "soit on baisse le rendement" de
l'impôt sur le revenu, qui rapporte actuellement un peu plus
de 50 milliards d'euros par an à l'État, "soit on essaie de
maintenir le rendement, mais on va alors alourdir l'impôt de
certains", souligne-t-il.
De son côté,
M. Mariton juge qu'il serait en outre souhaitable que cette
réforme s'inscrive "dans une stratégie fiscale d'ensemble"
et qu'elle soit "mise en perspective, pourquoi pas à travers
une loi d'orientation fiscale".
cel/cad/phb
AFP 311614 AOU 05 |