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Budget
2005: les députés allègent l'ISF à la marge
--par
Nathalie Schuck--
PARIS (AP) -- Après avoir reçu le feu
vert de Nicolas Sarkozy, les députés ont adopté vendredi par
36 voix contre 10 un amendement au budget 2005 qui indexe le
barème de l'impôt de solidarité sur la fortune sur
l'inflation. S'ils n'ont pas obtenu satisfaction sur leurs
autres demandes d'allègement de cet impôt hautement
symbolique, les libéraux ont reçu des gages sur leur mise à
l'étude.
Comme il s'y était engagé jeudi, le gouvernement a déposé un
amendement sur l'indexation. Celui-ci prévoit qu'à partir de
2005, le barème de l'ISF sera revalorisé chaque année en
fonction de la hausse des prix, comme c'est le cas pour
l'impôt sur le revenu. Ce barème n'avait pas été révisé
depuis 1997. «Il n'y a aucune raison que le seul impôt qui
ne soit pas actualisé ni actualisable soit l'ISF», avait
justifié M. Sarkozy. Selon le
Syndicat national unifié des impôts, cet
ajustement coûterait 32 millions d'euros.
Nicolas Sarkozy a en revanche demandé du temps aux députés
pour mettre à l'étude deux autres propositions d'allégement
de l'ISF. Les commissions des Finances de l'Assemblée et du
Sénat auront six mois pour se pencher sur la question du
plafond de l'ISF. Les députés veulent le ramener à 85% des
revenus annuels, soit le niveau institué en 1991 par le
gouvernement Rocard. La proposition des commissions sera
intégrée au futur projet de loi sur les PME.
L'hôte de Bercy a également demandé aux députés et sénateurs
d'étudier la possibilité d'exonérer d'ISF les sommes
investies par les contribuables dans les PME. Il n'a en
revanche pas évoqué l'une des plus fortes revendications des
libéraux: le relèvement de 20 à 30% de l'abattement d'ISF
sur la valeur de la résidence principale.
Satisfaits par ces garanties, les députés UMP ont retiré la
trentaine d'amendements qu'ils avaient déposés sur l'ISF.
Soucieux de faire oeuvre de pédagogie sur ce sujet explosif,
ils ont invité la gauche à ne pas «caricaturer» leur
position. Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de rappeler que ses
prédécesseurs socialistes à Bercy, Dominique Strauss-Kahn et
Laurent Fabius, avaient plaidé en leur temps pour une
réforme de l'ISF. Dans un rapport remis en juillet 2001 à
Lionel Jospin, le député PS Michel Charzat avait également
appelé à lutter contre les «effets pervers» de cet impôt.
Vendredi, les députés devaient poursuivre leur débat sur le
volet recettes du budget 2005 avec l'examen des mesures
fiscales destinées aux entreprises, à hauteur de 1,070
milliard d'euros. La «surtaxe Juppé» -contribution
additionnelle de 3% à l'impôt sur les sociétés-sera
supprimée en deux ans. L'exonération de taxe professionnelle
accordée aux entreprises qui font de nouveaux
investissements sera prolongée jusqu'au 31 décembre 2005.
Pour encourager les PME à exporter hors d'Europe, un crédit
d'impôt sera créé. Son montant sera fixé à 50% des dépenses
de prospection, dans la limite de 15.000 euros. Enfin,
l'Assemblée devait adopter un arsenal de mesures contre les
délocalisations, qui comprend notamment un crédit d'impôt
pour les entreprises qui relocalisent leurs activités en
France et des allégements fiscaux pour celles qui
participent aux nouveaux «pôles de compétitivité».
Les députés devaient coupler le recouvrement de la redevance
audiovisuelle avec celui de la taxe d'habitation à partir de
2005. Un titre de paiement unique sera envoyé aux
contribuables. Une seule redevance sera réclamée par foyer,
quel que soit le nombre d'appareils et de résidences. Son
montant sera de 116 euros. Les Rmistes et titulaires de
l'allocation pour adulte handicapé en seront exonérés.
Jeudi, les députés avaient voté une hausse de 4% de la prime
pour l'emploi au 1er janvier et allégé les droits de
succession sur les patrimoines allant jusqu'à 100.000 euros.
Ils avaient aussi rapproché les régimes fiscaux du PACS
(Pacte civil de solidarité) et du mariage.
Mardi, les députés se prononceront sur le volet recettes du
budget 2005 par un vote solennel. Ils examineront le volet
dépenses, qui fixe les crédits des ministères, à partir du 2
novembre. AP |