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Envoyer à un ami Recommander cet article Les travailleurs sans-papiers veulent payer leur impôt et être régularisés

PARIS, 25 mai 2011 (AFP)

Les travailleurs sans-papiers, qui paient cotisations sociales et impôts, veulent pouvoir continuer à travailler et vivre librement en France en étant régularisés, selon le collectif d'associations "Stop au racket".

Lors d'une conférence de presse dans un foyer de travailleurs africains au nord de Paris, ce collectif a annoncé, mercredi, une nouvelle campagne pour inciter les travailleurs sans-papiers à déclarer leurs revenus.

Ce collectif dénonce le "double langage des politiques" et "l'injustice fiscale" qui leur est faite puisque ils sont reconnus par l'administration fiscale leur délivrant des avis d'imposition ou de non-imposition et ne sont pas régularisés.

"Stop au racket", qui regroupe 42 organisations, aide les sans-papiers à rédiger leur déclaration de revenus et agit auprès des consulats pour que ceux-ci ne leur délivrent pas de laissez-passer permettant leur expulsion.

Hervé Mazure, de l'Union SNUI-SUD Trésor Solidaires, a notamment dénoncé le recours aux faux noms, qui permettent aux employeurs de faire travailler sous un même nom plusieurs sans-papiers.

Kanoute W., un Malien qui a travaillé en intérim dans le bâtiment et les travaux publics de 2002 à 2009, déclare avoir payé plusieurs milliers d'euros d'impôts. Gréviste depuis 2009 pour défendre la cause des sans-papiers, il vit désormais de la solidarité de ses camarades et ne déclare aucun euro de revenus.

Les travailleurs embauchés sous un même nom assurent se répartir le paiement de l'impôt, l'administration fiscale n'en reconnaissant qu'un seul, lequel rencontre toutefois des difficultés à se faire régulariser.

"Stop au racket" évalue à environ deux milliards d'euros les sommes perçues par l'État.

Le nombre des sans-papiers est estimé officiellement entre 200.000 et 400.000, dont seulement 10% sont légalement employés dans les 152 métiers dit en tension. Une grande majorité d'entre eux travaille illégalement dans les secteurs du nettoyage, de la restauration, du gardiennage et de l'aide à domicile, tout en étant déclaré en contrat à durée indéterminée, déterminée ou en intérim.