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Rédacteur en chef d’un jour
le 29 Avril 2011
Pacte pour l’euro, un alignement vers le
bas
Vincent Drezet Secrétaire national Union SNUI-SUD Trésor Solidaires
Le pacte pour l’euro, adopté en mars dernier par les chefs d’État de la zone
euro, prévoit de « favoriser la compétitivité, favoriser l’emploi,
contribuer à la viabilité des finances publiques ». En termes clairs, il
vise à faire pression sur les salaires – « des augmentations de salaires
pourraient provoquer une érosion de la compétitivité », dixit le Conseil de
la zone euro… –, à introduire plus de flexibilité, à réduire le coût du
travail, à faire pression sur les finances publiques, à « réformer » les
systèmes sociaux (cf. la réforme des retraites en France), etc. Il prévoit
aussi d’instaurer au sein de chaque État un mécanisme « contraignant et
durable » prévoyant des plafonds de déficit
et de dette. En la matière, la
France est volontariste : un projet de réforme constitutionnelle relatif à
l’équilibre des finances publiques sera examiné en mai 2011 par le
Parlement.
Alors que, depuis vingt ans, les allégements d’impôts et de cotisations
sociales substantiels ont contribué à creuser les déficits publics, on
n’entend pas parler de rééquilibrage des systèmes fiscaux et de partage plus
juste des richesses. La liste est pourtant longue des enjeux européens et
nationaux qui permettraient de faire face aux défis du moment : réforme des
impôts d’État et locaux visant à rééquilibrer le système fiscal (rappelons
que si le barème de l’impôt sur le revenu de l’année 2000 avait été
maintenu, son rendement annuel serait de 70 milliards d’euros contre moins
de 55 milliards aujourd’hui),
hausse du budget européen, harmonisation
fiscale et sociale européenne…
De tout cela il n’est point question dans le pacte pour l’euro : il s’agit
bien de graver la rigueur et la concurrence fiscale et sociale dans le
marbre. Mais avec des effets dévastateurs : ainsi, baisser les cotisations
sociales paupérise la Sécurité sociale au bénéfice des complémentaires
privées, tandis que supprimer des postes dans le secteur public se traduit,
à l’instar du secteur privé, par un management de plus en plus contraignant,
des réorganisations incessantes, une hausse de la charge de travail, un
service moins bien rendu et au final un malaise de plus en plus profond.
Hausse des inégalités et de la précarité, pouvoir d’achat en berne,
dégradation des conditions de travail, telles sont les conséquences directes
et concrètes du néolibéralisme ambiant dont l’orientation n’a pas varié :
alignement des droits et des solidarités vers le bas pour le plus grand
nombre, maintien des acquis fiscaux et hausse du profit pour une poignée.
Vincent Drezet |