«Il
existe une vraie injustice dans le contrôle fiscal», dénonce mardi le
SNUI. Pour son secrétaire national, Vincent Drezet, «il vaut mieux être
une personne mobile, capable de se déplacer en Europe qu'un salarié qui
essaie de gratter 5% aux impôts.»
Et si le syndicat se félicite du croisement
des fichiers fiscaux et sociaux, il craint pourtant que l'on se focalise
sur la «petite fraude» aux allocations plutôt que sur le contrôle des
sociétés ou le blanchiment d'argent. Les chiffres de l'OCDE sont éloquents
: en 1985, les investissements directs dans les places «off shore»
représentaient 4% des investissements mondiaux contre 15% actuellement.
Pour le SNUI, la procédure mise en œuvre pour lutter contre «l'évasion et
la fraude fiscale est la plus ‘frustrante'.» Le syndicat constate,
impuissant, que «l'évitement de l'impôt est rendu plus facile à
l'international.» Ce dernier réclame ainsi plus de moyens, «non seulement
humains mais aussi juridiques» alors que le «contrôle fiscal est
nécessaire et citoyen, ce qu'on ne paye pas, un autre le paiera.»
Le SNUI rappelle que chaque année, la fraude
fiscale représente un manque à gagner d'environ 40 milliards d'euros pour
l'Etat, quand le déficit public atteint 50.3 milliards d'euros. Les sommes
redressées par les agents des impôts s'élèvent à environ 12 milliards
mais, entre «les dégrèvements, les difficultés financières des entreprises
ou des particuliers à payer», les sommes réellement recouvrées rapportent
au final entre 6 et 7 milliards d'euros par an.
52 000 contrôles fiscaux en 2007
En 2007, l'impôt sur le revenu a engrangé 11%
des sommes recouvrées, 10% pour la fiscalité locale, 33% pour la TVA, 35%
pour l'impôt sur les sociétés et environ 11% sur le patrimoine. Sur les
3.5 millions d'entreprises assujetties à la TVA, 52 000 ont subi un
contrôle fiscal l'an passé et sur les 35 millions de foyers fiscaux, 4 500
ont été contrôlés. «On ne peut pas dire que le contrôle fiscal soit très
présent en France, contrairement à une idée reçue», souligne Vincent
Drezet.
Ce rapport donne également du grain à moudre
au syndicat alors que le chantier de la fusion entre la direction générale
de la comptabilité publique et la direction générale des impôts est déjà
sur les rails. «Cela pose beaucoup de questions et d'inquiétudes en termes
de mobilité», confirme Vincent Drezet. Le syndicat souligne la perte pour
chacune de ses administrations de 10% de leurs effectifs entre 2002 et
2008. Il évoque ainsi le risque de voir les agents du fisc rémunérés au
mérite.