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La nouvelle arme anti-fraude du Ministère
. Eric Woerth a présenté mercredi les missions de la
délégation
nationale de lutte contre la fraude, qui traitera
de manière
globale la lutte contre toutes les fraudes.
. Cette
présentation intervient alors qu'un rapport du
Syndicat national
unifié des impôts révèle le coût de la
fraude fiscale
pour la France : 40 milliards d'euros par an.
- le 16/04/2008 -
12h33
La lutte contre
la fraude fiscale se durcit. Alors que les administrations ont
renforcé leur efficacité en la matière au cours des
dernières années,
la volonté du gouvernement est d'amplifier les résultats obtenus. Ce
mercredi, Eric Woerth, ministre du
Budget et des
Comptes publics, a présenté les missions, les objectifs et la configuration
de la toute nouvelle délégation nationale
de lutte contre
la fraude. " Pour la première
fois, toutes les formes de fraudes
, fiscale et
sociale, portant sur les prélèvements aussi bien que sur les prestations,
seront traitées de manière globale et
concertée",
annonçait-on dès janvier dernier, en évoquant les "enjeux pour les
finances publiques" de ce problème.
Cette
présentation intervient alors que l'ampleur même de la fraude fait
débat. Le Conseil des prélèvements obligatoires a
estimé en mars
2007 que la fraude fiscale et sociale représente entre 29 et 40
milliards d'euros par an, soit entre 1,7% et 2,3%
du PIB. Mais ces
sommes ne portent pas sur les prestations versées, des allocations chômage
au RMI, précise Bercy. Dans un
rapport publié mardi, le syndicat
Snui a de son côté estimé le montant de la seule fraude fiscale à
quelque 40 milliards d'euros
par an. A titre de comparaison, le
déficit public pour 2007 s'est élevé à 50,3 milliards d'euros. Quelque
52.000 contrôles fiscaux
ont été menés dans les sociétés en
2007, permettant le recouvrement de 7 milliards d'euros au total. Rapporté
au nombre
d'entreprises assujetties à la
TVA, environ 3,5 millions, "on
ne peut pas dire que le contrôle fiscal soit très présent en France,
contrairement à une idée reçue",
avait souligné Vincent Drezet, secrétaire national du Snui, lors de ce
rapport.
Les lacunes de la
coopération fiscale internationale
"Cette
situation n'est pas acceptable", a tranché Eric Woerth lors d'une
conférence de presse mercredi. "L'évaluation
de la
fraude n'est
aujourd'hui pas satisfaisante",
a-t-il souligné. "Les échanges
d'informations entre les différents organismes et
services de
contrôle ne sont pas sont suffisants".
La DNLF, structure de 15 personnes qui sera dirigée par Benoît Parlos, devra
notamment
permettre une collaboration entre des organismes sociaux comme les Urssaff
ou la Caisse nationale d'assurance
vieillesse (CNAV)
et la Direction générale des impôts (DGI). Eric Woerth a par exemple cité la
délivrance du RMI, dont seules les
personnes
résidant en France peuvent bénéficier. "Un
croisement avec les fichiers fiscaux de la DGI sur la taxe d'habitation
empêchera les
adresses fictives", a-t-il expliqué.
"Au bout de six mois, la Délégation
devra avoir proposé de nouvelles
manières
d'enquêter et de réaliser le croisement des fichiers",
a souligné Eric Woerth, précisant qu'une campagne
d'information
"à grande échelle" serait aussi lancée.
Mais la nouvelle
délégation aura fort à faire contre tous les types de fraude, ne
serait-ce que dans le domaine fiscal, alors que
le rapport du
Snui, outre le pavé dans la mare de l'évaluation du préjudice pour l'Etat, a
pointé également une fraude qui se
diversifie et
s'internationalise, avec toute la difficulté d'échanger des informations
avec d'autres Etats européens dont certains
pratiquent encore
le secret bancaire. Sans parler des "paradis fiscaux", où l'argent
n'a cessé de se déverser au cours des vingt
dernières années.
Selon l'OCDE, les investissements directs dans les places "offshore" se sont
intensifiés à partir de 1985 : 4%
des
investissements mondiaux en 1985, 12% en 1992 et 15% environ actuellement.
Parallèlement, le nombre de fonds de
placements qui y
sont domiciliés est passé de 450 en 1986 à 2500 en 1996.
Ainsi, alors que
le ministre du Budget lançait la délégation nationale de lutte contre la
fraude, le Snui l'interpellait pour que "le
contrôle fiscal
soit présent et doté de moyens, non seulement humains mais aussi juridiques".
Alors que la charge de travail
des agents
chargés des contrôles s'accroît, selon le syndicat, la fusion entre les
centres des impôts et les perceptions va se
traduire par une
réduction d'effectifs. De même, si le croisement des fichiers fiscaux et
sociaux va dans le bon sens, il y a un
besoin de
personnel pour en assurer la mise à jour et le traitement. Et il faut
prendre garde à ne pas se focaliser sur la "petite
fraude"
aux allocations comme le RMI, au détriment des contrôles sur les sociétés ou
le blanchiment, a prévenu le syndicat. Audelà
de la création
d'une délégation spécialisée, le Snui se prononce donc pour le développement
de la coopération fiscale
internationale et
une harmonisation des règlements et procédures au sein de l'UE, par exemple
sur la TVA.
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