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Le bouclier fiscal ne fait pas recette
Un
peu plus de 20.000 demandes ont été déposées en 2007, alors que le
gouvernement tablait sur plus de 90.000.
Un
certain nombre de bénéficiaires potentiels ignoraient apparemment qu'ils
étaient éligibles ; d'autres préféraient ne pas attirer l'attention du
fisc.
A l'origine, le gouvernement tablait, pour
2007, sur 93.000 demandes de remboursement au titre du dispositif de
plafonnement des impôts directs - le fameux "bouclier fiscal". Il aurait dû
débourser pour cela 401 millions d'euros. Mais au final, les services
fiscaux en ont reçu très exactement 20.177, selon les chiffres dévoilés
lundi par le ministre du Budget Eric Woerth.
En premier lieu, il semble que la montée en puissance du dispositif, entré
en vigueur au 1er janvier 2007, a été plutôt poussive. Les demandes de
remboursement étaient "restées jusqu'au 30 septembre 2007 en nombre
limité" avec un dépôt d'environ 3000 demandes, indique le ministre. Un
dispositif de relance des bénéficiaires potentiels avait alors été mis en
place par le ministère pour informer ces derniers qu'ils avaient jusqu'au 31
décembre pour se manifester. Il a permis, selon le ministre, "d'enregistrer
au cours des deux derniers mois de l'année 2007 six fois plus de demandes
qu'au cours des dix mois précédents".
Une majorité de demande de remboursements de
moins de 800 euros
Pour le
Syndicat national unifié des impôts (Snui), plusieurs raisons peuvent
expliquer le nombre relativement faible de demandes. "Tout d'abord, une
partie des bénéficiaires ne savent pas qu'ils peuvent en bénéficier",
par exemple ceux qui déclarent un déficit au titre de leur activité
commerciale mais qui paient par ailleurs des impôts locaux. "Mais
plusieurs contribuables ne souhaitent pas demander le bénéfice du
bouclier fiscal car ils ont parfois élaboré des montages fiscaux et
financiers complexes, pour ne pas dire "limites", et ne souhaitent pas que
l'administration regarde leur dossier".
Cette opposition entre des bénéficiaires
potentiels mais mal informés, et d'autres très bien informés mais peu
soucieux de se manifester, s'explique lorsque l'on étudie de plus près leurs
profils. Selon le Snui, parmi les
contribuables éligibles à ce dispositif recensés par le ministère, 16.000
étaient imposables à l'Impôt sur la fortune et auraient perçu un total de
350 millions d'euros; 77.000 autres, non soumis à l'ISF, auraient perçu 50
millions. "Plus de la moitié des demandes déposées en 2007
concerne des remboursements inférieurs à 800 euros", renchérit le
ministère, qui souligne qu'un certain nombre de ces demandes de faibles
montants proviennent de titulaires de minima sociaux redevables d'une taxe
foncière au titre de leur habitation principale.
Reste que selon le syndicat, l'étude de 2398
demandes de restitution au titre du bouclier fiscal montre une "forte
corrélation" entre les bénéficiaires et les contribuables assujettis à
l'ISF. Ainsi, l'Ile-de-France regroupe 39% des contribuables redevables de
l'ISF pour 51% du produit de cet impôt et 39% des bénéficiaires du bouclier
fiscal pour 56% du montant global remboursé à ce titre.
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