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ISF : 649 contribuables français se sont
exilés en 2005
Selon un sénateur UMP, "la France connaît
désormais près de deux délocalisations fiscales chaque jour".
Le sénateur UMP de l'Oise Philippe Marini a
alerté mercredi 14 février la commission des Finances du Sénat du fait que
"la France connaît désormais près de deux délocalisations fiscales chaque
jour", et a plaidé en conséquence pour" une adaptation de l'ISF aux
contraintes économiques".
Le sénateur indique ces chiffres dans une communication dont le texte a été
rendu public par la commission sénatoriale.
Reprenant des éléments de cette étude, Le
Parisien affirme qu'en 2005, "649 contribuables ont passé les
frontières pour échapper à l'impôt de solidarité sur la fortune" (ISF).
En 2004, 568 redevables à l'impôt sur la fortune
ont quitté le territoire français, selon le sénateur, pour qui cela "dénote
une très nette accélération", avec une hausse de "50% par rapport à la
moyenne des années précédentes".
Le Parisien rappelle que cette étude suit les polémiques sur
"l'exil fiscal de Johnny Halliday et sur le patrimoine du couple
Hollande-Royal" et ajoute qu'"au total, depuis 1997, près de 3.800 Français
se sont exilés pour des raisons fiscales".
18,2 millions de pertes d'impôt
Ainsi, Philippe Marini calcule que les pertes
d'impôt de solidarité sur la fortune se seraient élevées à 16,4 millions
d'euros en 2004 et à 18,2 millions d'euros en 2005, somme à laquelle il
convient toutefois d'ajouter "des recettes de plusieurs centaines de
millions d'euros par an", puisque ces contribuables ne paient pas non plus
"l'impôt sur le revenu, l'imposition des plus-values, les droits de mutation
et la TVA".
En 2005, "les fuites de bases imposables vers l'étranger auront ainsi
atteint 2,2 milliards d'euros (1,7 milliard en 2004), d'après les calculs de
Philippe Marini, qui estime qu'"une fourchette de 24 à 32 milliards d'euros
peut être établie, s'agissant des capitaux appartenant à des redevables à l'ISF
qui se sont délocalisés entre 1997 et 2005".
Philippe Marini observe toutefois que "l'immobilier ne représentait en 2005
que 39,7% des bases imposables, la résidence principale n'en représentant
que 15%".
Les retours ou les installations d'étrangers en France
Selon le Syndicat national unifié des impôts (Snui),
qui a relativisé mercredi ces nouveaux chiffres, "les détracteurs de
l'imposition du patrimoine (ISF, droits de succession, imposition des
plus-values) tentent à nouveau de jouer sur la peur des délocalisations
fiscales pour imposer leurs vues".
"Pour avoir une vue complète de la situation, il faudrait disposer, en plus
du nombre de départs, de celui des retours et de celui des installations
d'étrangers en France", fait valoir le syndicat dans un communiqué.
Le Snui conteste aussi l'interprétation faites
de ces départs certes "bien réels", mais aux "motivations multiples et pas
seulement fiscales", selon lui.
"Ainsi les départs vers les pays anglo-saxons relèvent davantage de la
mobilité professionnelle et du choix de carrière", estime le Snui, en
affirmant par ailleurs que les départs vers la Suisse "ont toujours existé,
ISF ou pas".
"L'administration doit disposer de moyens législatifs et humains pour lutter
contre une évasion fiscale illégale tout à la fois de plus en plus courante
(quoique limitée à des contribuables plutôt aisés), complexe et coûteuse",
conclut le Snui, en demandant une "étude
exhaustive" du phénomène.
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