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Ségolène Royal minimise
les hausses d'impôts promises par François Hollande
avec AFP | 12.01.07 | 17h20
Lors de la présentation de ses vœux au conseil régional de Poitou-Charentes,
vendredi 12 janvier, Ségolène Royal a assuré que, si elle est élue,"il n'y
aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail ou l'effort". "Il
faudra rééquilibrer la fiscalité, l'alléger sur le travail et peut-être la
renforcer sur le capital si l'on veut résorber les déficits. Mais cela se
fera sans augmentation des prélèvements obligatoires", a-t-elle dit. La
candidate a rappelé qu'elle avait "mandaté un certain nombre de spécialistes
pour mettre à plat [ces questions de déficit et de fiscalité] et voir les
pistes envisageables".
Ces déclarations semblent en contradiction avec les récentes prises de
position de François Hollande. Le premier secrétaire du PS a relancé le
débat sur la fiscalité en se prononçant pour des hausses d'impôts pour les
contribuables touchant un salaire net de plus de 4 000 euros par mois. "Si
nous avons la confiance des Français, nous remettrons en cause les baisses
d'impôts sur le revenu et sur les grandes fortunes qui ont été accordées aux
plus privilégiés", a-t-il affirmé mercredi soir. Jeudi, dans Le Parisien, il
a précisé qu'il visait les "contribuables qui sont dans les deux plus hautes
tranches de l'impôt sur le revenu", et qu'il s'agissait "d'une remise en
cause des baisses d'impôts sur les plus hauts revenus proposées par la
réforme Villepin pour 2007".
DES CHIFFRES CONTESTÉS PAR M. COPÉ
"Cela ne concerne que les contribuables qui ont un salaire de plus de 4 000
euros net, soit 5 000 euros brut", a-t-il déclaré. Selon lui, "200 000
contribuables sont concernés". Ce chiffre a été contesté aussitôt par le
ministre du budget, Jean-François Copé. En réalité ce sont "1,2 million de
foyers fiscaux qui seront concernés", a indiqué M. Copé, précisant que
c'était le nombre de foyers "dans lesquels un des conjoints gagne au moins 4
000 euros net par mois". Selon le Syndicat national
unifié des impôts, le nombre de foyers fiscaux concernés par la proposition
Hollande se situerait plutôt entre 300 000 et 450 000.
La candidate socialiste n'a pas commenté les déclarations de François
Hollande, estimant que "tout le monde a la légitimité de s'exprimer. Tous
les responsables politiques ont la légitimité pour faire des propositions,
donner leur point de vue". Mais, interrogé sur le rôle du premier secrétaire
du Parti socialiste, elle a estimé que François Hollande "a tout son rôle"
dans la campagne, mais qu'elle "veut rassembler les compétences au sein du
PS et au-delà".
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