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M. Copé (UMP) et M.
Hollande (PS) polémiquent à partir de chiffres contestables
Article paru dans l'édition du 14.01.07
La polémique entre Jean-François Copé et
François Hollande sur les hausses d'impôts proposées par le PS a rebondi,
vendredi 12 janvier, après l'entretien que le ministre délégué au budget a
accordé à France Info. Le ministre UMP et le dirigeant du PS lancent depuis
quarante-huit heures des chiffres douteux, voire faux, qui ne clarifient pas
le débat fiscal.
Tout à son désir de mettre en difficulté sur la fiscalité M. Hollande et,
au-delà, le PS, M. Copé a tenu les propos suivants : "Aujourd'hui, en 2006,
un professeur certifié en fin de carrière, ça gagne à peu près 4 100 euros
par mois. Un informaticien après dix ans d'expérience, un conducteur de TGV
en fin de carrière, un VRP, ça gagne aussi entre 4 000 et 4 200 euros par
mois", a déclaré le ministre, désireux de démontrer que la remise en
question des baisses d'impôts annoncée par le PS ne visait pas, comme le dit
M. Hollande, "les plus privilégiés", mais bien "la classe moyenne".
La réalité est toutefois très éloignée de celle qu'il décrit. Un professeur
certifié, qui débute à 1,2 fois le smic - contre 2 fois le smic il y a
vingt-cinq ans - gagne en fin de carrière 2 500 euros net par mois, selon le
SNES, syndicat enseignant. Un VRP touche en moyenne 2 000 euros de salaire
net mensuel, selon la CFE-CGC, un conducteur de TGV en fin de carrière, 3
100 à 3 200 euros, selon la SNCF. Tout ministre qu'il soit, M. Copé était
donc, vendredi, fâché avec les chiffres. D'autant qu'il incluait dans la
"classe moyenne" les personnes ayant 4 000 euros de salaire net mensuel. Or,
selon l'Insee, les cadres gagnent en moyenne 3 025 euros net par mois et les
professions intermédiaires, souvent assimilées aux classes moyennes, 1 532
euros...
AMPLEUR DES MESURES
L'autre partie de la controverse porte sur l'ampleur des mesures proposées
par le PS. Après avoir annoncé dans Le Monde du 19 décembre 2006 qu'il
reviendrait "sur toutes les baisses d'impôt (...) accordées sur les tranches
supérieures du barème", M. Hollande a indiqué, dans Le Parisien du 11
janvier, qu'il s'en tiendrait à celles "proposées par la réforme Villepin
pour 2007". Selon lui, sont concernés les contribuables touchant un salaire
net de plus de 4 000 euros par mois, soit "200 000" personnes. Un chiffre
correspondant peu ou prou au nombre de foyers dans lesquels les deux
conjoints ont un tel salaire. M. Copé, lui, cite le chiffre de 1,2 million
de foyers fiscaux, obtenu, selon Bercy, après extraction des fichiers
déclaratifs et correspondant au nombre de foyers dans lequel l'un au moins
des deux conjoints a déclaré un revenu net imposable de 4 000 euros par
mois. Pour le Syndicat national unifié des impôts
(SNUI), enfin, 300 000 à 500 000 contribuables sont visés par les
mesures PS.
Claire Guélaud
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