Fonctionnaires: des milliers de manifestants défilent à Paris
20-11-2007 15:26:10

Plusieurs milliers de fonctionnaires, surtout des enseignants, accompagnés de cheminots et d'étudiants, ont commencé à défiler mardi en début d'après-midi à Paris, pour des augmentations de salaire et contre les réductions de personnels, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Ensemble pour les salaires, l'emploi et les services publics" proclame la banderole de tête de la manifestation intersyndicale, organisée de la place d'Italie à Invalides, par huit organisations (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU, Solidaires).
Juste avant le départ, au milieu de fumigènes rouges, des centaines de petits papillons de papier orange ont été largués au dessus du carré de tête des manifestants, sur lesquels on pouvait lire: "Services publics, emplois, salaires, conditions de travail, et respect du statut", signé Snui Solidaires (Impôts).
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cible de huées dans le cortège après s'être prononcé publiquement vendredi pour l'arrêt de la grève contre la réforme des régimes spéciaux, a appelé le gouvernement à sortir de sa "torpeur", jugeant que tout réformer en même temps "expose à des blocages".
Alors que les cortèges se formaient sous une pluie fine, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, et Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, ont tous deux salué un "haut niveau de participation" à la grève des fonctionnaires.
M. Thibault a souhaité que le gouvernement "crée des conditions pour les négociations" salariales dans la fonction publique, ainsi que dans les entreprises.
Le but de la manifestation est "que le gouvernement engage des négociations sérieuses sur les salaires des fonctionnaires et sur l'emploi", a martelé Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa (syndicats autonomes). "Il y a une grosse mobilisation, 40 à 50% de grévistes toutes fonctions publiques confondues", a-t-il souligné.
"On n'a jamais été pour une confusion des mouvements (avec celui des cheminots sur leurs régimes de retraite, ndlr). L'intérêt pour des fonctionnaires et des agents est que leurs problèmes soient traités de manière séparée", a ajouté M. Olive.
"A quoi joue donc le gouvernement?", s'est interrogé le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, en soulignant que les fonctionnaires n'avaient eu "aucune réponse du gouvernement sur l'ouverture d'une négociation pour les salaires de la fonction publique en 2007, aucune réponse lors de la conférence Emploi et pouvoir d'achat". "L'Etat employeur doit montrer l'exemple", a ajouté M. Mailly.
"Le point commun entre cheminots et fonctionnaires, c'est le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté, en annonçant "des mobilisations à venir public-privé sur le pouvoir d'achat", sans donner de dates.
"Le pouvoir d'achat est une question centrale dans le pays, avec le niveau de pensions et les salaires", a souligné la porte-parole de Solidaires (syndicats Sud), Annick Coupé.
Outre les leaders syndicaux, des responsables politiques de gauche étaient présents ou avaient annoncé leur présence, comme le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon ou le député socialiste des Landes, Henri Emmanuelli.