Le service public pas compatible avec l'individualisation des rémunérations (Snui)

Le Syndicat national unifié des Impôts (Snui) estime jeudi dans un communiqué que le service public n'est pas compatible avec une individualisation des salaires ou l'instauration de contrats privés, comme l'a proposé mercredi le président de la République.

"La nature même du service public est incompatible avec la logique d'individualisation des rémunérations et avec l'instauration de contrats privés", déclare le SNUI (majoritaire au sein des Impôts).

"Est-il normal de rémunérer un agent en fonction d'indicateurs portant (...) sur le nombre de redressements fiscaux effectués ou en fonction du nombre de personnes reçues, indépendamment de la qualité du service rendu ? Non!", affirme le syndicat.

Il estime également anormal de "créer deux catégories de personnels, l'une privée, soumise à une incertitude et dont l'emploi dépend du bon vouloir de l'Etat employeur, et l'autre publique, donc indépendante des pressions politiques et garante de la neutralité du service public".

"On devine aisément que la situation plus précaire des uns conduirait à un alignement par le bas des droits sociaux des autres, mais surtout cela conduirait à une implosion de la nature même du service public", conclut le syndicat.

Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est prononcé mercredi à Nantes dans son discours aux fonctionnaires, en faveur du principe "d'individualisation des rémunérations" afin de tenir compte "du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats" des agents.

Il a également souhaité qu'une partie des agents de la fonction publique puisse choisir "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré" et que ceux qui souhaitent la quitter bénéficient d'un "pécule".