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Bercy ne proposera pas
d'imposition minimale sur le revenu
FRS0963 40539 /AFP-OF67
PARIS, 15 oct 2007 (AFP)
Le gouvernement a annoncé
lundi qu'il ne proposerait pas au Parlement d'imposition minimale sur le
revenu, censée contrebalancer le paquet fiscal voté cet été en limitant les
déductions offertes par les niches fiscales.
La ministre de l'Économie et des Finances Christine Lagarde s'était engagée
en juillet à faire des propositions sur cette idée d'impôt-plancher à la
demande de parlementaires, y compris de droite, après le vote de coûteuses
mesures fiscales en faveur des ménages les plus aisés (abaissement du
bouclier fiscal à 50% des revenus, quasi suppression des droits de
succession notamment).
La rapport promis a été remis lundi soir au Parlement.
"A l'issue de ces travaux, le gouvernement ne souhaite pas proposer un
dispositif d'imposition minimale sur le revenu", ont indiqué Mme Lagarde et
son collègue Eric Woerth (Budget et Comptes publics) dans un communiqué.
Ils estiment "plus opportun de procéder à un réexamen sélectif des quelques
dispositifs fiscaux qui procurent, dans certaines situations, un avantage
jugé excessif par rapport à leur objet".
Le rapport comprend notamment "une analyse de la structure de l'impôt sur le
revenu" et des niches fiscales, ainsi qu'une présentation des exemples
américain et canadien d' impôt minimum .
"De cette revue détaillée, le gouvernement retient que les mécanismes les
plus simples, par exemple l'imposition minimale forfaitaire sur les recettes
brutes, s'ils sont conformes aux contraintes de lisibilité posées par le
Conseil constitutionnel, créeraient une imposition nouvelle pour une
population de contribuables beaucoup plus large que les seuls bénéficiaires
de dispositifs d'allègement de l'impôt".
Les "mécanismes les plus complexes, comme l'imposition minimale
proportionnelle à une cotisation d'impôt de référence, présentent un faible
degré de lisibilité et de prévisibilité par les contribuables", ajoute
Bercy.
Les deux ministères estiment que ces travaux "permettront au Parlement
d'appréhender la situation et d'en débattre en connaissance de cause". Aucun
dispositif ne figure dans le projet de loi de finances pour 2008 qui doit
être débattu à partir de mardi à l'Assemblée nationale. Mais un amendement
peut être déposé dans le cadre de cet examen.
Lors du débat sur le paquet fiscal, les députés socialistes ainsi que, dans
la majorité, Pierre Méhaignerie, ex-président de la commission des Finances,
et Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l'Assemblée, s'étaient
prononcés pour un plafonnement des niches fiscales.
Cela revient à ce que les déductions et abattements (les fameuses "niches",
par exemple investissements dans les DOM-TOM, restauration de monuments
historiques ou emploi d'un salarié à domicile) dont bénéficie un
contribuable ne puissent faire descendre le montant de son impôt sur le
revenu en-dessous d'un certain plancher.
Fin 2005, le syndicat Snui,
majoritaire aux Impôts, estimait que le manque à gagner des quelque 200
dispositions dérogatoires correspondait à près de 40% du montant de l'impôt,
soit à l'époque 22 milliards d'euros par an.
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