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La fraude fiscale
atteindrait 40 milliards
Le déficit?
Quel déficit? Il suffirait de mettre fin aux fraudes à l'impôt pour régler
le problème des finances de l'État.
TVA volatilisée, impôt
sur le revenu passé à l'as, travail au noir qui évite de payer des charges
sociales... Le tout mis bout à bout représente l'équivalent du déficit 2006
du budget, entre 30 et 40 milliards d'euros.
L'information émane du
Conseil des prélèvements obligatoires, le vigile du bon usage des impôts et
charges que paient les contribuables. C'est « une estimation qui ne me
surprend pas », a réagi le ministre du Budget, Jean-François Copé. Elle
confirme les chiffres de la Commission européenne qui avait évalué, pour
2004, la fraude fiscale entre 2 et 2,5 % de la richesse produite, soit entre
200 et 250 milliards d'euros pour toute l'Europe.
« Nous sommes encore moins surpris que M. Copé »,
ironise le Syndicat national unifié des impôts (Snui,
majoritaire) qui se dit « ravi que ce dossier ait été enfin ouvert ».
Le Snui estimait récemment la seule fraude fiscale entre 40 et 45 milliards
d'euros par an, sans compter les cotisations sociales. Pourtant, ce sont ces
dernières qui constituent la plus grosse part des fraudes (de 8,4 à 14,6
milliards), avec les fraudes à la TVA (entre 7,3 et 12,4 milliards), selon
le rapport. En fait, les fraudes sont souvent liées : les entreprises
faisant appel aux clandestins trichent à la fois sur la TVA, les bénéfices
et les organismes sociaux en ne déclarant pas leurs employés.
Une réponse
européenne?
Le rapport préconise une
coopération renforcée entre administrations et la création d'un office
européen de lutte contre la fraude, ainsi que la mise en place de contrôles
plus ciblés et mieux adaptés. Le
Snui approuve mais relève le manque de moyens de l'administration fiscale
pour effectuer les contrôles, seule manière de vérifier la véracité des
déclarations faites par les entreprises, pour lesquelles « la cadence de
vérification moyenne est de, 69 ans» actuellement.
Jean-François Copé met
en avant les actions, déjà engagées, comme la réorganisation de Tracfin (la
cellule de renseignement du ministère des Finances sur le blanchiment
d'argent) et les mesures prises dans la dernière loi de finances contre les
carrousels à la TVA, des fraudes qui impliquent des sociétés installées dans
différents pays. Même aux Impôts il ne serait pas facile, comme le promet
Nicolas Sarkozy, de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux. |