Grève massive dans les services fiscaux

Les agents des impôts ont suivi hier le mot d’ordre lancé par leur organisation. Les syndicats

dénoncent les suppressions d’emplois au sein de leur administration ainsi que les nouvelles règles

de gestion du personnel.

Est-ce le début d’un véritable bras de fer entre les syndicats et l’administration ? Il est évidemment

prématuré de répondre à cette question mais le malaise est de plus en plus palpable. À l’appel du

SNUI, de la CGTR, et de Force ouvrière, les agents des services fiscaux se sont massivement mis en

grève hier, obligeant la direction à fermer la plupart de ses centres. De source syndicale, on estime

que la mobilisation a touché entre 70 % et 80 % du personnel, un chiffre jugé excellent par les

différentes centrales. Les revendications des grévistes sont simples : ils dénoncent les réformes

successives élaborées par Bercy ainsi que les 5 000 suppressions d’emplois décrétées en 2003 et

programmées jusqu’à l’année prochaine. Aux yeux des syndicats, cette réduction des effectifs est

d’autant plus paradoxale qu’elle intervient dans un contexte marqué par un accroissement des

missions dévolues aux agents (recouvrement de l’impôt sur les sociétés, de la taxe sur les salaires,

de la redevance audiovisuelle, suivi de la prime pour l’emploi...) « On atteint un seuil critique,

estime Pascal Valiamin, porte-parole de l’intersyndicale. Moins de service public, c’est forcément

moins de services aux citoyens. Le traitement en masse des déclarations dans un bref délai a généré

des erreurs inhabituelles. Les contribuables mécontents doivent aujourd’hui perdre des heures dans

les files d’attente pour obtenir la rectification de leur avis erronés. » Les organisations syndicales

ont remis hier à la direction une pétition et une motion. Dans ces deux textes elles s’insurgent contre

« les coupes sombres opérées par l’administration » et rejettent les nouvelles règles de mutation du

personnel. Les syndicats redoutent que les agents nommés jusqu’ici à un poste soient affectés

demain à d’autres tâches et à d’autres services en fonction du cahier des charges de l’administration.

« Pour gérer la pénurie, le ministère des Finances impose plus de souplesse, de flexibilité, et de

précarité », estime Pascal Valiamin. Nous ne sommes pas taillables et corvéables à merci. » Hasard

- malheureux ? - du calendrier, la direction départementale des services fiscaux a prévu d’organiser

demain une journée portes ouvertes au centre des impôts de Saint-Paul à destination du grand

public. L’intersyndicale promet elle aussi, ce jour-là, d’informer les contribuables... F.C.