La réforme de la
redevance télévision, qui se voulait "lucrative", risque de se
révéler "moins rentable que prévu" et même de se solder par un
manque à gagner de 60 millions d'euros, affirme le
Snui, premier syndicat de la
Direction générale des impôts, jeudi dans un communiqué.
"La réforme basée
sur l'adossement de la redevance à la taxe d'habitation se
voulait tout à la fois plus simple à comprendre et à
administrer et plus lucrative pour les recettes de
l'audiovisuel public", rappelle le syndicat.
Mais, selon lui,
"elle risque de se révéler en réalité plus lourde à gérer et
peut-être même moins rentable que prévu".
En matière de
rentrées financières, le surplus de recettes attendu de la
réforme ne s'élevait qu'à 15 millions d'euros à la fin 2005,
"un montant sensiblement inférieur" aux 50 millions attendus,
affirme le Snui.
Ce "léger surplus"
pourrait en outre se transformer en "sensible recul" après le
traitement des plus "de 674.000 réclamations" déposées à la
fin 2005 et qui pourraient se traduire, selon le
Snui, par un montant de
dégrèvements "approchant les 77 millions d'euros", "si toutes
les demandes étaient satisfaites".
Au final,
l'opération pourrait donc se traduire "par un manque à gagner
d'environ 60 millions d'euros", comptabilise le
Snui.
Cette évaluation
"maximum" s'explique par le fait qu'"une très large part des
contentieux sont des attestations sur l'honneur de la part des
contribuables indiquant qu'ils ne détiennent pas de poste de
télévision. Or dans ce cas les agents des impôts, qui n'ont
pas le pouvoir de contrôle, dégrèvent l'impôt", a expliqué
Vincent Drezet, du
Snui.
Interrogé par
l'AFP, le ministère de l 'Economie admet un total d'environ
610.000 "demandes contentieuses" mais souligne que la collecte
de la redevance s'est soldée au 31 décembre 2005 par un
surplus de recettes d'environ 55 millions d'euros par rapport
à 2004, avec 2,193 milliards d'euros (après les frais de
recouvrement) contre 2,138 milliards un an plus tôt.
Ce montant est
légèrement inférieur aux recettes prévues en loi de finances
initiale qui étaient de 2,202 milliards d'euros, a ajouté
Bercy où l'on reconnaît avoir été "surpris par l'ampleur des
réclamations".
Seules 10.000
"demandes contentieuses" et 4.800 "demandes à titre gracieux"
restaient à traiter au 31 décembre 2005, a précisé le
ministère.
Le ministère de l'
Economie avait décidé de collecter en 2005 la redevance
audiovisuelle en même temps que la taxe d'habitation, avant le
15 novembre, dans l'espoir notamment de meilleures rentrées
fiscales. Cette modification de calendrier avait entraîné une
certaine confusion et de multiples réclamations de
contribuables.