Baisse des impôts : cafouillage entre M. Breton et M. Copé

LE MONDE | 13.09.06 |

Deux jours après que son ministre, Thierry Breton, a annoncé, dimanche 10 septembre au Grand Jury, qu'il avait demandé à Bercy d'anticiper dès le début 2007 les 3,5 milliards de baisses d'impôt sur le revenu prévues, le ministre délégué au budget, Jean-François Copé, a précisé sur LCI qu'il fallait d'abord s'assurer que cette proposition, saine dans son principe, fût "viable techniquement".

C'est un sujet sur lequel je travaille déjà depuis plusieurs semaines. Simplement les modalités ne sont pas complètement arrêtées", a précisé M. Copé, bien placé, en qualité de porte-parole du gouvernement, pour savoir que l'"annonce" du ministre de l'économie avait d'abord été faite par Dominique de Villepin à la rentrée 2005, lors de la présentation de la réforme fiscale.

Pour le gouvernement, déjà empêtré dans l'affaire du remboursement de la prime pour l'emploi (PPE) réclamé à 125 000 personnes, la question est de rendre les baisses d'impôt visibles dès le premier tiers ou les premiers versements mensuels - autrement dit avant l'élection présidentielle du printemps 2007 - tout en sachant qu'il n'y aura "pas de baisse uniforme" et que les contribuables aux plus bas revenus devront être les premiers concernés.

L'équation n'est pas simple. Le Syndicat national unifié des impôts (SNUI) a fait remarquer lundi que "le système actuel permet déjà de prendre en compte l'impact d'une variation de l'IR", un contribuable "pouvant (...) demander à modifier le montant de ses tiers ou de ses mensualités".

Le SNUI met surtout en garde M. Breton contre "le risque de mettre sur pied une véritable usine à gaz" et d'avoir à procéder à des régularisations qui peuvent être "mal vécues" : "A l'approche de 2007, l'accélération du calendrier a ses raisons que la raison ignore."

Au PS, Didier Migaud, député de l'Isère et ancien rapporteur du budget, a dénoncé une "mesure électoraliste".

Claire Guélaud