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ISF: la flambée de l'immobilier fait
grimper le nombre d'assujettis
Vendredi 16 juin 2006, 17h55
Près de 400.000 contribuables ont été assujettis à l'impôt sur la
fortune l'an dernier, soit 60.000 de plus qu'en 2004, notamment en
raison de la flambée des prix de l'immobilier, même si cet impôt
très polémique touche moins de 2% des foyers fiscaux.
Personne
ne sait encore combien de Français ont déposé cette année leur
déclaration d'ISF, avant la date limite du 15 juin. Mais leur nombre
est désormais connu pour 2005.
Selon la
Direction générale des impôts (DGI), qui doit "incessamment" publier
son "Rapport de performance" 2006, 394.518 déclarations d'ISF ont
été déposées l'an dernier, soit une hausse de 17,6% par rapport à
2004.
Les
sommes collectées ont suivi, grimpant à un peu plus de 3 milliards
d'euros, soit 16,25% de plus qu'en 2004, ce qui représente environ
1% des recettes fiscale, a-t-on indiqué.
La
tendance n'est pas nouvelle. Tous les ans depuis quelques années le
nombre de contribuables devant acquitter l'ISF progresse, dans le
sillage des boom de la Bourse et de l'immobilier.
Selon la
Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), 2005 a marqué la
huitième année consécutive de hausse des prix de l'immobilier ancien
en France avec une progression de 10,3% en moyenne, soit une envolée
de 107,1% depuis 98.
Pour les
ménages propriétaires d'un appartement familial dans une grande
ville ou d'un terrain dans une région prisée, le seuil d'entrée à l'ISF,
fixé à 750.000 euros, peut donc être assez vite atteint, même si un
abattement de 20% sur la valeur de la résidence principale limite le
nombre d'assujettis.
L'an
dernier une association de l'Ile de Ré était ainsi partie en guerre
contre cet impôt frappant certaines familles rétaises modestes, mais
dont les propriétés avaient pris de la valeur du fait de la
spéculation immobilière.
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Ce "syndrôme
de l'Ile de Ré" avait relancé la polémique et apporté de l'eau
au moulin de ceux qui, à droite, réclament depuis des années une
suppression ou une réforme en profondeur de l'ISF.
Grand
pourfendeur de cet impôt, le sénateur UMP Philippe Marini a
proposé à plusieurs reprises de remonter le seuil d'imposition à
800.000 euros ou encore de porter à 30% l'abattement sur la
résidence principale. Mais le gouvernement a finalement opté
pour un "bouclier fiscal" plafonnant à 60% des revenus
l'imposition totale des personnes physiques. Une mesure qui
favorise plutôt les gros patrimoines.
Rapporté aux quelque 34,5 millions de foyers fiscaux, le nombre
de foyers assujettis à l'ISF reste toutefois modeste: moins de
2% en 2005. Et les montants versés peuvent être relativement
limités: 275 euros pour un couple sans enfant déclarant un
patrimoine de 800.000 euros.
Selon
le Syndicat
national unifié des impôts (Snui),
"86% des redevables se situent dans les deux premières tranches"
- soit entre 750.000 et 2.380.000 euros - et acquittent "un ISF
moyen de 1.100 euros, soit l'équivalent d'une taxe foncière
moyenne".
Ce
syndicat ne défend toutefois pas l'ISF "en l'état", estimant
"qu'il a besoin sans doute d'une vraie réforme", dit
Vincent Drezet, du
Snui. Ce
dernier regrette en particulier certaines "injustices" liées
selon lui aux multiples exonérations prévue par la loi (biens
professionnels, objets d'art...), dont profitent en priorité les
détenteurs de patrimoines importants.
"Pour
que l'ISF soit plus juste et peut être aussi mieux compris, il
faudrait un élargissement de son assiette", juge-t-il, ajoutant
que "dans le cadre d'une assiette élargie, on pourrait faire un
geste sur la taxation de la résidence principale". |
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