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CONTRIBUABLES
SELON LES
PREMIERS TESTS DE LA DÉCLARATION PRÉREMPLIE, UNE FEUILLE D'IMPÔTS
SUR QUATRE FERAIT L'OBJET D'UNE CORRECTION. LES RÉCLAMATIONS S'ACCUMULENT
ET LA TENSION MONTE DANS LES SERVICES, TRÈS SOLLICITÉS.
Impôts:
les ratés de la feuille
Pas si simple, la déclaration de revenus préremplie, si l'on en
croit les premières remontées auprès des services des impôts.
À la lumière des
tests en cours, une feuille sur quatre ferait l'objet d'une
correction, ce que le ministre du Budget conteste. Celà dit, les
anomalies les plus couramment observées sont dues à des problèmes de
transmission des données entre les employeurs et l'administration et
aussi à une mauvaise impression des feuilles. Un décalage des lignes
? Et c'est le « dérapage » fatal qui fausse tout. Ainsi, dans
l'Isère, plus de 25 000 foyers fiscaux ont été piégés par un
accident d'impression. Il arrive que des énormités se glissent
également dans les chiffres, comme ce fut le cas dans le
Pas-de-Calais (lire ci-dessous) et plus près de nous dans les
Landes, où 500 salariés d'une entreprise se sont révélés subitement
très riches…
À Toulouse, Christian
Terrancle, du SNUI
(Syndicat national unifié des impôts),
note que « les erreurs vont dans les deux sens, en faveur ou en
défaveur des contribuables ». Et, fait notable, les « favorisés par
erreur » se manifestent tout autant que les « lésés », pour
régulariser leur situation.
De fait, les lieux de
réception du public sont « beaucoup plus fréquentés qu'en période
normale ».
Un phénomène qui
pourrait bien s'amplifier la semaine prochaine, en Midi-Pyrénées, au
retour des vacances scolaires. Dès lors, la tension qui est
aujourd'hui « palpable » chez les agents, risque de virer à la
grogne. « On transforme les agents en machines à saisir, la charge
de travail est très forte, car le gouvernement veut faire rentrer le
maximum d'argent dans les caisses de l'État dans des délais très
courts », résume le délégué du SNUI. Toujours selon Christian
Terrancle « l'administration n'était pas prête à franchir le pas
cette année ».
Résultat, un «
embouteillage » lourd à gérer et une pression accrue, qui pourraient
déboucher à terme sur des « mouvements » de protestation contre les
conditions de travail. Vous avez dit déclaration simplifiée ?
Pierre Escorsac
Des couacs
en série
La généralisation de la déclaration
de revenus préremplie a été décidée après une expérimentation en
Ille-et-Vilaine l'an passé, couronnée de succès selon le ministère
de l'Économie. Sauf que, lors de cette expérience, la marge d'erreur
se serait établie à 24 % (13 % selon Bercy). Si on rapporte ce
pourcentage aux 29 millions de déclarations préremplies expédiées,
on obtient 6,96 millions de déclarations erronées. La simplicité
ainsi promise se double donc par de sérieux couacs, reconnus
d'ailleurs hier par le ministre (lire ci-contre).
Depuis une semaine,
partout en France, les exemples ne manquent d'ailleurs pas. A Lille,
deux salariés de la compagnie de ferries Seafrance ont découvert des
erreurs de 10M€et 8M€ dans leur déclaration préremplie. « Mes
revenus ne sont pas indiqués et ceux de mon mari sont de 7 686 002
€», a déclaré Patricia Hagneré, clerc de notaire, qui invite les
contribuables à « bien vérifier » les montants inscrits. Le centre
des impôts et la société Seafrance se rejettent mutuellement la
responsabilité des erreurs.
Autre couac, en
Isère, 25 000 contribuables ont reçu des déclarations bien remplies…
mais illisibles, les nombres étant imprimés dans les mauvaises cases
ou entre deux lignes. Ailleurs, des contribuables voient leurs
revenus doubler ou fondre. Et les exemples semblent se multiplier…
À la direction
générale des impôts (DGI), on se veut serein, avançant « l'année de
la mise en route » pour expliquer ces cafouillages tandis que le
Syndicat national unifié des impôts (SNUI)
dénonce « la précipitation. » Cependant, une note interne, citée par
Le Parisien, fait bien état de dix-sept sources d'erreurs
possibles sur les formulaires préremplis (chèques emploi service,
salaires des nounous, petits boulots d'étudiants, indemnités de
licenciement, etc.) et estime que c'est au contribuable de faire les
corrections…
Philippe Rioux
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