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Résolution N°11 : LES PRELEVEMENTS OBLIGATOIRES POUR 99,19% - Abstentions 0,81% Les prélèvements obligatoires sont un des enjeux
essentiels de toute société, par les besoins et les
services collectifs qu'ils permettent de couvrir, et par la
façon dont ils sont mis à la charge des
différentes catégories sociales. Ils marquent le niveau
de solidarité et caractérisent le projet social que se
donne chaque pays.
Le SNUI dénonce le discours libéral qui vise à réduire au minimum le domaine de l'intervention publique dans la satisfaction de besoins généraux ou particuliers. Il repousse les choix politiques qui confient de plus en plus souvent à l'appétit des profits privés la propriété, même partielle, et la gestion d'entreprises et de services publics. Le SNUI affirme que l'élaboration des politiques publiques doit partir d'une définition commune des besoins collectifs et individuels, dans leur nature, et dans leur ampleur. Toute restriction a priori en fonction d'un quelconque rapport au Produit Intérieur Brut ou à son évolution conduit à une gestion seulement comptable qui ne peut qu'exclure la prise en compte de besoins publics. L'efficacité des services publics ne peut pas être mesurée à la seule aune d'une rentabilité financière immédiateÝ; il faut retenir des critères plus larges, sociaux, humains, environnementaux, etc. Se prononçant pour une société de justice et
de solidarité, le SNUI estime que la raison d'être des
prélèvements obligatoires est la satisfaction de
besoins collectifs qui ne peuvent pas être pris en charge par
le marché. A chaque fois, il est nécessaire de prendre en compte les
besoins nouveaux qui résultent des évolutions
constatées dans la vie économique, sociale, sanitaire,
familiale, culturelle, etc. Tout ceci nécessite des services
publics concourant à une plus grande justice sociale. Ceci
implique le renforcement et l'élargissement des missions de
service public, la rénovation des administrations et des
entreprises publiques qui en sont chargées et l'attribution
des moyens humains et financiers nécessaires. Le SNUI exige que les droits constitutionnels reconnus aux personnes soient des droits réels garantis. Dans une société marchande, la première urgence est de garantir à chacune et à chacun la disposition d'un revenu permettant de vivre dans la dignité. Ceci implique notamment l'augmentation et l'élargissement des minima sociaux, particulièrement aux jeunes de 18-25 ans, la fin des aides publiques aux emplois à temps partiel, l'augmentation du SMIC, et la suppression de la dégressivité dans l'indemnisation du chômage. Le RMI doit correspondre à un revenu réel et pas à une allocation de survieÝ; il doit s'accompagner de toutes les mesures d'insertion permettant de supprimer les différentes formes d'exclusion auxquelles conduit plus particulièrement le chômage de longue durée. Les services de l'emploi et les services du logement doivent être dotés des moyens législatifs, juridiques, humains, leur permettant d'offrir un emploi normalement rémunéré et un logement salubre à toutes les personnes en recherche. Il faut rétablir et permaniser des fonds d'urgence pour subvenir aux besoins les plus immédiats des personnes en grande difficulté et en surendettement. Il est nécessaire d'aller rapidement vers une gestion plus humaine des dettes personnelles publiques. Le SNUI constate que la société libérale actuelle accentue les inégalités dans tous les domaines de la vie économique, sociale et humaine. Le SNUI agit pour l'instauration d'une société alternative, juste, humaine et solidaire. Dans cette attente, il est urgent de s'appuyer sur une discrimination positive pour augmenter les prestations sociales actuelles et mettre en place de nouvelles prestations adaptées aux besoins nouveaux des catégories sociales les plus défavorisées. Le SNUI rappelle son exigence d'un régime universel de l'assurance-maladie et l'égal accès de toutes et de tous aux mêmes soins de qualité sur l'ensemble du territoire. Il faut améliorer le niveau des remboursements de l'assurance-maladie obligatoire, supprimer le forfait hospitalier, généraliser la non-avance d'argent (tiers payant). Le SNUI préconise une revalorisation générale des allocations familiales et leur versement dès le premier enfant. Le SNUI exige que soit garanti à chaque personne le
versement d'une retraite ou d'une pension permettant une vie
décente et restant liée à son activité
professionnelle préalable.
Le SNUI rejette totalement le leitmotiv libéral selon lequel il n'y a jamais de fonds publics suffisants pour satisfaire les besoins collectifsÝ; les "contraintes budgétaires" trop souvent évoquées résultent le plus souvent de choix libéraux préalablesÝ: baisse des taxations ou des cotisations demandées aux entrepreneurs et aux détenteurs de capitaux, attribution d'aides ou de prestations aux mêmes, sans efficacité économique. Par l'activité professionnelle de ses adhérents et de ses militants, le SNUI est en mesure d'assurer "qu'il y a de l'argent" dans la quatrième puissance économique mondiale. Encore faut-il asseoir les prélèvements obligatoires sur la réalité des revenus, des activités, des patrimoines. Afin de garantir les financements publics, le SNUI
préconise qu'ils soient fixés sur des assiettes larges
et diversifiéesÝ: les revenus, du travail et du
capitalÝ; les patrimoines et les fortunes créateurs ou
non de revenusÝ; les activités professionnelles, les
consommations, les transferts, les profits et plus-values. Le SNUI dénonce plus particulièrement le recours quasi exclusif aux revenus du travail pour le financement des politiques sociales. Le financement actuel est pénalisant pour l'emploi et n'est plus adapté à des régimes maintenant ouverts à tous (famille, assurance-maladie). Il fustige les gouvernements qui continuent d'exonérer de charges sociales les entreprises au prétexte avancé d'aide à l'embauche mais sans garantie de création réelle d'emplois. La réforme du financement de la branche maladie par les entreprises comme celui de l'indemnisation du chômage doit être rapidement modifiée en inversant globalement le système actuel qui pénalise celles qui ont une main d'úuvre importante, celles qui créent des emplois ou augmentent leur masse salariale, et dispense celles qui licencient, délocalisent et provoquent de nouveaux besoins sociaux. Le SNUI affirme fortement que le système de la répartition pour le financement des retraites privées et de la budgétisation pour les pensions publiques est celui qui garantit le mieux la disposition d'un revenu décent pour la vieillesse. Le SNUI estime que les difficultés qui pourraient apparaître dans les prochaines décennies devront être supportées par un appel à la richesse et à la solidarité nationales (en complétant et renforçant le fonds de solidarité vieillesse). Les meilleures garanties pour le bon financement des retraites et des pensions sont le plein emploi, une croissance soutenue et durable et le renforcement des principes de solidarité. Le SNUI est totalement opposé à toute forme de fonds
de pension, obligatoires comme facultatifs. La sécurité
des retraites ne peut être laissée aux choix
spéculatifs de banques, de compagnies d'assurances,
d'institutions financières internationales.
Le SNUI constate que, partout, le dogme libéral met en cause les liens de solidarité, précarise des parts de plus en plus importantes de la population, et s'attaque donc prioritairement aux prélèvements obligatoires. Ce sont ainsi les couches sociales privilégiées qui, pour l'essentiel, décident du niveau et de l'ampleur des besoins publics et sociauxÝ; ce sont les mêmes qui décident de leur financement. Les résultats se constatent tous les jours dans l'accroissement des inégalités et le renforcement des pouvoirs et des avantages d'une minorité d'accapareurs de richesses collectives. Pour ce faire, elles multiplient les mensonges et les contre-véritésÝ; leurs discours, sans cesse répétés, assènent que les prélèvements sont forcément et toujours nocifs "à la croissance et à l'emploi". Depuis plus de vingt ans, en s'appliquant à elles-mêmes cette politique (baisse des charges fiscales et sociales des entrepreneurs, baisse de la taxation du capital et des revenus du capital,etc) et en faisant l'inverse pour les salariés et les consommateurs (augmentation des cotisations sociales, augmentation de la TVA, etc), elles ont obtenu tout à la fois que le chômage continue de croître et que les inégalités s'accentuent entre la rémunération du travail et la rémunération du capital, facilitant l'accumulation et la concentration capitalistiques et patrimoniales. Le SNUI estime que la mise en place d'un réel débat public sur les prélèvements obligatoires est un élément déterminant du combat démocratique afin que la majorité citoyenne soit aussi la majorité décisionnelle. Il est indispensable de savoir qui gagne quoi, qui a quoi, et qui paye quoi, réellement, aujourd'hui, pour pouvoir débattre démocratiquement des besoins publics et sociaux et organiser leur financement. Pour y parvenir, le SNUI revendique différentes mesuresÝ: ï Elargissement des informations et statistiques économiques, financières, fiscales et patrimoniales. Des services publics doivent être renforcés ou créés dans ces domainesÝ; toutes les données détenues notamment par la Direction Générale des Impôts doivent être utilisées et accessibles dans le respect des recommandations de la CNIL. Le "secret" de la vie -ÝfinancièreÝ- privée n'est jamais évoqué à l'égard du RMIste, du SMICard, du fonctionnaire et de la plupart des salariésÝ; ce motif mis en avant par les autres catégories sociales ne vise qu'à soustraire un élément essentiel au débat démocratique pour rendre plus difficile la contestation de leurs privilèges. ï Séparation rigoureuse entre le budget de l'Etat, les budgets des collectivités territoriales, les budgets sociaux, les taxes parafiscales. L'opacité et la complexité entretenues, l'empilement de textes et de règlementations permettent de réserver le débat à un minimum d'experts auto-proclamés qui ne cessent d'affirmer que ce qui est bon pour l'entreprise et l'investissement est forcément bon pour l'emploi. Cette mystification est utilisée pour verser des aides, pour accorder des subventions et des exonérations qui profitent aux propriétaires des entreprises. Une vision claire de la réalité permettrait de constater que les plus "assistés" de la société ne sont pas les allocataires de l'ASS ou du RMI, mais bien plus souvent d'autres couches sociales plus favorisées, ou des secteurs professionnels largement subventionnés. ï Renforcement des possibilités d'examen et de
contrôle de la prise de décision et de la gestion des
finances publiques pour empêcher les détournements
privés, les gachis et accroître l'efficacité
économique et sociale des mesures prises : information et
pouvoirs des parlementaires; pouvoirs de la Cour des comptes et des
Chambres Régionales des Comptes. ï Renforcement des moyens législatifs, juridiques, matériels et humains des administrations et des services publics chargés de contrôler l'exactitude des déclarations fiscales et sociales, et de veiller au respect des législations économiques, sanitaires, sociales, environnementales, etc. La lutte contre les fraudes concourt à une répartition plus juste des charges publiques. ï Présence de tous les représentants des
salariés, chômeurs et précaires dans
l'élaboration et la réalisation des budgets sociaux et,
plus largement, réforme des règles de la
représentativité syndicale et sociale afin que soient
prises en compte les réalités du terrain. Par l'UFE, il participe largement à la création d'une force syndicale capable de peser pour l'élaboration d'une harmonisation européenne évitant le dumping fiscal et social et établissant une taxation effective des capitaux et des revenus de capitaux. Par son inscription dans AC et le réseau des marches européennes, il continuera de participer à l'élaboration de revendications et d'alternatives concrètes à la société libérale créatrice de précarité, de chômage, d'exclusion et de misères et à l'organisation d'actions revendicatives pour les faire aboutir. Son engagement déterminé dans l'association ATTAC et le Collectif contre l'AMI lui permet de porter plus loin et plus fort ses analyses et ses propositions pour la justice fiscale et la justice sociale et de participer à un réseau national et international fortement motivé dans la lutte contre la dictature des marchés financiers et contre l'accaparement des pouvoirs par les transnationales, et pour leur participation au financement des besoins collectifs internationaux. La réflexion propre du SNUI devra être
accélérée par le Conseil Syndical et les travaux
des commissions nationales "Fiscalité" et "Protection sociale"
(notammentÝ: Financement des entreprises aux budgets sociaux,
politique familiale-prestations et financement, systèmes de
retraite, fonds de pension etc). |
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