+Espace public

+ Panneau syndical

+ Espace militants

 

 UNITE n°766 du 9 octobre 2001

 

LE DEBAT D'ACTIVITE ET D'ORIENTATION


L'OUTIL SYNDICAL SNUI

En complément de la discussion d'orientation, les congrès du SNUI ont pris l'habitude, au sein d'une commission particulière, de débattre de l'outil syndical, autrement dit du fonctionnement de l'organisation à ses divers niveaux, de ses relations avec ses partenaires, de ses rapports avec l'administration et plus largement avec le pouvoir politique.

Avant les débats de La Rochelle, le journal d'avant-congrès avait mis l'accent sur trois préoccupations :

&emdash; les questions posées par les évolutions de l'administration et de l'Etat,

&emdash; la façon d'installer la FDSU dans son rôle de 1ère fédération du MINEFI,

&emdash; l'action à conduire au sein du Groupe des Dix pour améliorer son fonctionnement.

Les discussions au congrès ont fait émerger d'autres préoccupations, telles que la façon de répondre aux énormes besoins de formation syndicale ou la nécessité de faire évoluer la circulation de l'information syndicale.

La commission consacrée à l'outil syndical s'est réunie sous la présidence d'Eric Balaud (administrateur régional Lorraine) et c'est un autre lorrain, Claude Steininger (Moselle), qui a été désigné comme rapporteur des travaux en séance plénière. Outre le journal avant-congrès, les membres de la commission disposaient, comme éléments de discussion, de 5 contributions provenant d'assemblées générales, l'une de ces contributions ayant même été débattue au sein d'une région entière (PACA Corse) pour traiter de sujets aussi imporants que l'alourdissement de la charge militante, les sujétions nées des CAP locales, le rôle à tenir face aux délégués interrégionaux, le rôle des commissions nationales spécialisées, le développement de la formation syndicale.

Les deux autres contributions qui ont provoqué le plus de réflexions ont été celles de l'Aude et du Lot-et-Garonne, tournées vers le fonctionnement interne du SNUI.

La question du respect du droit syndical posée par le CSI de Nantes et la dimension d'égalité professionnelle hommes-femmes évoquée par la section du Rhône n'ont pas suscité de discussion prolongée.

 

  • L'organisation interne du SNUI

Si de nombreuses interventions ont mis l'accent sur les changements imposés par l'administration (CAP locales, délégués interrégionaux, installation des DIRCOFI, prétendue décentralisation des responsabilités, toutes choses obligeant à modifier les attitudes militantes), d'autres ont dénoncé des dysfonctionnements ne relevant d'aucune responsabilité extérieure, mais de dérives propres au SNUI. A ce titre, le fonctionnement du Bureau National et du Conseil Syndical ont été évoqués, mais plus encore la nécessité de mieux organiser le travail au sein des sections.

Hier abordée avec une extrême prudence, la perspective d'une «permanisation» du responsable sectionnaire est apparue de plus en plus comme une solution aux difficultés de l'heure. Plusieurs intervenants ont parlé d'une «professionnalisation» obligée du secrétaire de section, ce qui n'excluait pas, dans leur esprit, la pratique accentuée d'une délégation des tâches (pour gérer les CAP locales notamment). En définitive, si sur ce point toute latitude est laissée à chaque section de gérer son volume de droits syndicaux selon sa propre doctrine, il est demandé à toutes les équipes militantes de bien mesurer l'ampleur des responsabilités du SNUI allant, au niveau local, jusqu'à l'aide au développement de la FDSU et à l'investissement dans les G 10 locaux. Ces efforts, aux dires de certains délégués, permettent seuls de critiquer utilement de l'intérieur les anomalies de fonctionnement.

S'agissant de l'agitation entretenue par l'administration autour de la «réforme-modernisation» et de l'ARTT, la commission a fait trois recommandations :

&emdash; d'abord, tout mettre en oeuvre pour maintenir une homogénéité de l'expression syndicale face à l'éparpillement apparent des attitudes des hiérarchies locales,

&endash; ensuite, développer des stratégies visant à casser les rythmes que prétendent imposer la DGI ou le MINEFI. Moins de réunions, plus de dialogue réel, tel est l'objectif à atteindre à tous les niveaux du syndicat (et de la fédération),

&emdash; enfin, mettre en place sans délai, par une organisation collégiale des administrateurs régionaux, une interpellation en continu des délégués interrégionaux.

Dans l'ensemble, et compte tenu des différences d'expérience dans les rangs militants, il est apparu plus que jamais un énorme besoin de formation syndicale à organiser en impliquant étroitement le Bureau National, les administrateurs régionaux et les membres des commissions nationales spécialisées. A propos de ces derniers, une réflexion doit être reprise sur une meilleure utilisation de leurs compétences, tandis que le concept de commission nationale doit être clarifié.

 

  • L'information syndicale

Le développement des nouveaux moyens d'information oblige le SNUI à une évolution : le syndicat doit inscrire au rang de ses revendications la gestion d'un espace libre sur les vecteurs de communication du ministère (Internet, Intranet). L'écran interactif promis à chaque agent en 2002 doit permettre l'accès à toute l'information professionnelle, y compris syndicale.

De ce point de vue, les apprentissages et les attentes ne sont pas tous au même niveau et la commission de congrès a recommandé à l'organisation de réfléchir à une stratégie de communication efficace, notamment en ménageant une phase transitoire où il faudra que cohabitent «l'info-papier» et l'info dématérialisée délivrée par paliers (adhérents, correspondants, militants).

Outre le problème du vecteur utilisé pour faire circuler l'information, a été évoquée à La Rochelle la nature de l'information à adresser aux militants : info rapide et exhaustive sans analyse, ou info plus synthétique accessible plus facilement ?... La majorité des délégués a penché une fois encore pour l'info commentée et synthétisée, moins dévoreuse de temps dans un contexte des plus chargés où chaque minute compte.

 

  • Les partenariats syndicaux

Les forces et limites des intersyndicales DGI, les niveaux divers de développement de la FDSU, les stades tout aussi divers de croissance des Groupes des Dix locaux ont une fois encore été évoqués sans qu'apparaissent des solutions miraculeuses.

S'agissant des intersyndicales locales, plusieurs intervenants ont évoqué l'inégalité des investissements militants et le développement d'affrontements de plus en plus marqués. Remettre en question ce qui relève de «l'habitude» apparaît nécessaire dans ce domaine.

S'agissant de la FDSU, plusieurs délégués ont déploré que la proposition de changement du système des votes dans les instances délibératives ait été la seule piste d'amélioration avancée dans le journal avant-congrès. Pour ces camarades, il ne suffira pas de changer un peu la règle du jeu, il faut parvenir à d'autres méthodes de travail aux niveaux national et local. Dans ce sens, l'aide à apporter au SU. au Trésor est un point déterminant.

Peu d'interventions ont par contre concerné l'Union Syndicale Groupe des Dix, question semble-t-il réservée au débat d'orientation à proprement parler. Les termes du journal avant-congrès n'ont pas été démentis : il faut se consacrer désormais à rendre plus efficaces et plus nombreux les pôles locaux et il faut clarifier au niveau national les pratiques de certaines organisations, tout comme la consistance du phénomène SUD.

Quelques délégués ont évoqué des questions d'actualité concernant le syndicalisme en général (financement, représentativité), mais c'est surtout le petit périmètre des droits syndicaux à la DGI qui a provoqué des inquiétudes, les uns réclamant une protection des élus locaux en CAP, les autres demandant au Bureau National de reprendre l'offensive sur l'exercice réel des droits des militants.

En définitive, ce qui a pesé sur la discussion, c'est la crainte que le rythme imposé par l'administration dans sa façon de dialoguer (souvent en creux) n'altère le fonctionnement démocratique du SNUI ou sa réactivité (les deux éléments n'étant forcément pas compatibles). La capacité du SNUI à imposer un «tempo» différent et une pratique différente du dialogue social, voilà sans doute un enjeu essentiel des deux prochaines années.

RETOUR