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UNITE n°785 du 18 juin 2002 IL Y A LES RETRAITES ET LES PROBLEMES DES RETRAITÉS Pour les salariés du privé et les fonctionnaires, le sujet de préoccupation numéro un, à l'issue de la longue période électorale, c'est celui des retraites. Il y a eu tellement de battage sur ce dossier, et depuis tellement d'années, que tout le monde du travail attend les propositions de réforme du nouveau gouvernement. Après les déclarations de M. Raffarin, le 3 juillet, les uns sont déterminés à en découdre, ne doutant pas un instant des reculs conséquents que la loi traduira, les autres sont prêts à débattre, convaincus que le statu quo n'est pas gérable. Le tout se déroule sous les yeux narquois et intéressés des responsables des grands groupes financiers qui n'attendent qu'une chose : l'avènement de la «capitalisation à la française». A côté de cette grande préoccupation il y a la vie quotidienne et pour tous ceux qui ont déjà quitté la vie active il y a mille autres questions non résolues. Le congrès de la FGR a parlé de la protection sociale, du mouvement mutualiste, de la création de l'aide personnalisée d'autonomie, de la fiscalité applicable aux retraites. LA REFORME, QUELLE REFORME ? Le conseil syndical du SNUI, réuni les 18, 19 et 20 juin, a consacré une assez large partie de ses débats à la question des retraites. Il a discuté à partir des travaux exploratoires d'une commission nationale dont l'installation avait été décidée au congrès de la Rochelle. Au rayon des constats, il faut déjà trier ! Si un ensemble de faits et tendances s'impose de façon indiscutable (retournement démographique à partir de 2010, allongement de la durée de la vie, persistance d'un haut niveau de chômage altérant les cotisations, développement des pré-retraites), le SNUI demande toutefois à ses adhérents de ne pas céder à la panique : la faillite du système est surtout un scénario catastrophe cultivé avec soin par ses opposants. Des mesures s'avèrent cependant indispensables pour assurer la pérennité des dispositifs actuels (nous disons bien «des dispositifs» au pluriel, car il n'y a pas un système des retraites, mais plusieurs régimes possédant tous leur histoire, leur légitimité, leurs valeurs propres). A l'examen on s'aperçoit qu'on pourrait sans doute éviter les remèdes de cheval dont parlent exclusivement les médias et qui sont : - l'allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein, - le recours obligé à la capitalisation, - la destruction du Code des Pensions des fonctionnaires et l'alignement de ces derniers sur le régime général du privé. Tout cela, de l'avis du SNUI, est à proscrire absolument! De ce point de vue, il faut souligner que le Conseil d'orientation des retraites (le COR) a lui même estimé possible le maintien des 37,5 années de cotisations pour les fonctionnaires, et même le retour aux 37,5 annuités pour le privé, mais avec à la clé, bien évidemment, des mesures contraignantes pour assurer un financement pérenne. Choisir les solutions les moins libérales C'est de la mise bout à bout de solutions pouvant paraître trop partielles de prime abord que résultera, sans doute, la restauration de la confiance. Dans ce registre on trouve bien sûr la réforme des modes de cotisations des entreprises, mais il faut aussi envisager une augmentation équitable des cotisations des salariés et fonctionnaires, avec en parallèle le développement d'une politique de plein emploi. D'autres pistes de reflexion sont à ouvrir sur les cessations progressives d'activités (préférables aux retraites anticipées), sur les problèmes spécifiques aux fonctionnaires pour tout ce qui concerne leurs primes afin de leur assurer un taux de remplacement correct de leur traitement d'activité. Ces points et bien d'autres seront repris sur toute la durée du second semestre et, il faut le souhaiter, dans le cadre de partenariats avec d'autres syndicats et associations. Il y a matière à faire campagne, il y a nécessité de casser les discours les plus pessimistes et le temps presse ! |
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